« Gravures directes » à la cire sur papier.
À partir de croquis, pas toujours très précis, je réalise une «matrice» gravée à la plume à couper dans du papier. Je n'insiste pas trop longtemps, car le support est fragile. J'aime cette fragilité, qui m'oblige à un travail plus bref qu'avec mes dessins à l'encre de Chine.
Puis j'applique de la cire d'abeilles colorée, à chaud, avec un fer à peindre. La cire est donc liquide ; fluide comme de l'eau. Mais elle fige aussitôt tombée en-dessous de son point de fusion. Cette étape est incertaine dans ses résultats, car le cire liquifiée ne se laisse pas facilement apprivoiser ; et qu'il faut préserver la transparence pour que le dessin existe. À ce stade, le plaisir créatif se joue pour l'essentiel dans la gestuel, le parfum de la cire, la vivacité, les petits jeux délicieux du hasard…
Une gravure peut être laissée en l'état ou reprise à volonté, jusqu'à
satisfaction complète, par différents moyens : chaleur et de nouvelles
applications de cire colorée, grattée, effacée à la térenbenthine,
redessinée avec des crayons de vitrier, poncée au papier de verre,
patinée avec un chiffon doux…
Au final, un vernis viendra protéger la gravure, car la cire est
pure et présente une faible résistance mécanique (en clair, elle se
raye facilement).
La technique produit des œuvres uniques.
Je les nomme «gravures directes», car après l'étape de dessin, c'est
bien de gravure qu'il s'agit. Ensuite, il n'y a pas de processus
d'impression. L'œuvre est unique. En revanche, la matrice peut
resservir. Mais il ne sera pas possible d'obtenir le même résultat. Je
peux toutefois réaliser des séries à partir d'un même dessin.
Cette première série est toujours en cours. Elle illustre le thème de la mémoire.
Des poèmes accompagnent certaines gravures et je les ajouterai ici bientôt.
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